lundi 16 octobre 2017

Le paradoxe du concombre

Lettre d'un concombre qui n'en est pas un.

Lili va de travers, la tête en l'air, un nuage accroché à l'oreille, le visage écorchée par le temps.
Lili aime les couchers de soleil mais pleure car le rayon part trop vite.
Lili aime le rouge, mais seulement quand elle rit à gorge déployée, sous un arbre.
Léo cherche le chêne le plus vieux mais aux rides sincères.

Lili aime le froid très froid, mais seulement quand elle est peu couverte.
Lili aime les chaussettes qui tiennent chauds mais seulement quand elle ne met pas de chaussures.
Lili marche toujours à gauche mais clopine quand il n'y a pas de gauche.
Léo marche sur un pied, de peur de l'effrayer.

Lili n'aime pas les mathématiques, mais aime résoudre l'équation de la vie.
Lili aime les gens, quand ils sont fantômes.
Lili aime entendre le vrai, sauf quand on prêche le faux.
Léo ne ment jamais.

Lili aime glisser sa main dans les fruits secs et la semoule de l'épicier,  un car ça lui rappelle un film et peut ainsi se prendre pour une vedette, sans en perdre la tête. Et deux, car elle l'aime, c'est tout. Il faut une raison ? Pour les autres à chaque coup, pour elle, la raison n'est pas logique si elle ne s'applique pas par le coeur.
Lili n'est pas logique, mais aime ce qui rime et la rend sympathique.
Lili rit, mais pleure, Lili sourit mais a de la rancoeur, Lili avance mais dans le mauvais sens. Parfois, souvent, pas vraiment, des fois, quand le vent tourne froid.
Lili aime descendre les escaliers quand elle sait qu'elle devra remonter.
Léo s'y perd et préfère monter à pied.

Lili fuit mais reste tout près. Lili va dans sa bulle, mais vole en noctambule. Lili joue des mots, mais se perd en maux, Lili dit blanc, mais son regard est noir. Lili dit noir, mais elle voit blanc...
Léo peint un arc en ciel.

Lili ronfle, mais seulement quand elle est éveillée, Lili ne parle pas, mais seulement dans ses songes, Lili, ça la ronge, mais seulement lors d'un faux pas.
Lili est imparfaite, mais joue l'insatisfaite.
Léo avance pas à pas.

Lili est tout, mais rien à la fois, choix du roi, elle ne prend pas la place de la reine, Lili se débat, et souvent rabat sa joie. Lili se bat, et souvent mise en bas. Lili se tait mais trace les mauvais.
Léo la voit, et c'est la meilleure des voies.

Lili se dit : pourquoi un concombre ?
Pour faire parler ?
Pour mettre de côté les décombres et côtés sombres  ? 
Léo répond : Pourquoi pas ?
Lili veut une réponse claire, mais s'invente la sienne peu terre à terre.
Lili est impatiente, mais si attachante.
l'enfant méprend le concombre à la courgette, mais la concombre de ses pépins et de son eau y voit l'opportunité d'être différent, si un jour on l'entend. On le goûte, on le sent, on le coupe, on le prend.
Le concombre accepte la méprise car le voilà sûr de sa mise.
Lili et Léo décident de se faire une salade mais seulement si la salade n'y est pas.
Lili est différente, mais pas si elle ne respire pas.
Léo l'entend, sauf quand elle tourne le pas. 




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